ARC Transgression

2015-2016 / volet 2 : « Ce qui est posé sur la table repose sur la table » 1

1 Laurence Weine

Enseignants

¬ Indiana Collet-Barquero, historienne du design,

¬ Fabrice Cotinat, artiste vidéaste,

¬ Olivier Sidet, designer,

¬ Jean Charles Prolongeau, céramiste,

¬ Gabrielle Wambaugh, sculpteur.

Intention

Transformer la table en territoire d’expérience, l’engager à partir d’une narration fictionnelle, telle est la proposition. Mettons-nous à table et mettons sur la table tous nos aveux. Des portes sont dévoilées, des réalités transformées, les projections virtuelles ou réelles les plus décalées sont permises. Inventons et proposons des scénarios de comportements, d’usages, de mise en société, d’espace, de formes…etc. Libérons le volume de ses contraintes, matérialisons en malmenant les évidences. Créons les conditions nécessaires à l’élaboration de nouvelles hypothèses à partir d’une posture celle de renverser les normes.

Contenu

La proposition de l’ARC transgression consiste en un atelier de recherche qui associera des approches théoriques et pratiques, de manière interdépendantes et parallèle, de sorte à que ces deux champs se nourrissent l’un l’autre dés le départ et tout au long de son déroulement. Il s’agira de réfléchir à la transgression comme notion et comme moteur, d’identifier, circonscrire et élaborer des formes et des contenus dans le champ de la production en art et en design.

Des intervenants extérieurs viendront enrichir et illustrer la question de la transgression dans les espaces de création contemporains.

Mainte fois dans l’histoire, la transgression fut l’outil syntaxique des créateurs. Substrat idéologique, théorique et esthétique, elle a permis des prises de consciences statutaires et culturelles. En «dépassant les limites» induites par la norme – et dont le franchissement marque l’acte identitaire de la transgression – l’artiste et le designer créent de nouveaux espaces constructeurs de cultures où se renégocient les principes et les valeurs.

Au delà de la simple idée contrevenante nous pouvons entrevoir un « espace de situation » où s’observe la conscience de l’individu face à l’ordre établi, la loi ou au choix du plus grand nombre (Antigone de Sophocle, Rhinocéros d’Eugène Ionesco…). Mais tout dépassement de limites n’est pas transgression, il semble donc qu’un préalable est nécessaire notamment en reposant la distinction de plus en plus trouble aujourd’hui entre transgression, subversion et provocation. Force est de constater que ces notions sont utilisées comme outils mercatiques et commercial dissociant formes et contenus, démultipliant artificiellement et jusqu’à l’absurde les lignes à franchir. Cette utilisation quasi pavlovienne de la transgression a un effet délétère sur son efficience.

La transgression est une notion délicate, un pharmakon, autant poison que remède qui oblige celui qui la manipule avec conscience à interroger sa finalité et son résultat. L’outil est attrayant, sa manipulation n’est pas sans contrainte ni sans risque de retournement de sens.

Approche plastique, recherche dans les champs de l’objet et de l’image

4 ateliers s’articuleront autours des questions mise en œuvre cette année.

Ces  approches fonctionneront en dialogue constant, s’interrogeant l’une et l’autre sur ce projet commun. Elles se développeront en vis à vis avec une même volonté de fabriquer un espace de création à partir de médiums hétérogènes.

Atelier volume : Gabrielle WAMBAUGH

« Du plat sans ombre à l’ombre portée, début d’une pensée organisée. »
Questionner le socle et déplacer la ligne d’horizon de la table.
« ce qui se tient attablé ».

• Atelier design et design céramique : Olivier SIDET et Jean-Charles PROLONGEAU

Interférences et résonances (gimmick et supercherie fonctionnelle)
Observer, étudier, ré-inventer des résonances et interférences entre les typologies habituelles des objets rencontrés sur la table, dans l’espace domestique, comme paysage et dramaturgie .  L’objet comme la fonctionnalité et les usages doivent être observés au sens sens large avec innocence et malice : œuvre, décor, outil, ornement, gadget, gimmick, avatar, machine etc. Il s’agira de redistribuer les cartes bien ordonnées des caractéristiques établies par la technique, les codes, les modes, de revisiter les notions de virtuel / réel, 2D / 3D, décoratif / fonctionnel, symbolique / pratique, numérique / matériel etc.

• Atelier Video /3D: Fabrice COTINAT, vision immergeante / étranges visions

Rechercher et produire, à partir d’outils expérimentaux de vision,  un dialogue fictionnel entre la réalité d’un espace physique, le plan de la table, et des espaces virtuels. Penser le regard dans un jeu qui naviguerait entre le factuel et l’illusion, la manipulation, la supercherie, le psychédélique… l’inopportun (atelier narration fiction).

• Atelier narration/fiction qui se propose de mettre en récit et d’amplifier les scénarios envisagés. A partir de notions et de formes d’écritures, de son que nous tenterons de tarabuster, nous déporterons la question du récit vers  des territoires d’anticipations inopportuns.

Objectif

Fournir aux étudiants les outils critiques et d’analyses nécessaires à la reformulation d’hypothèses aussi bien dans les formes plastiques, les usages, les techniques, la pensée….

Bibliographie

  • Georges Bataille, L’Erotisme, Chapitre 1 « l’interdit et la transgression », 1957, in Œuvres Complètes, tome X, Paris, Gallimard, NRF, 1987
  • Collectif dirigé par Cédric Passard, Loïc Nicolas et Michel Hastings, Paradoxes de la transgression, éditions CNRS, 2012
  • Vincent Estellon, « Éloge de la transgression », Champ psy 2/ 2005 (n° 38), p. 149-166
    URL : www.cairn.info/revue-champ-psychosomatique-2005-2-page-149.htm.
  • Michel Foucault, « Préface à la transgression », Paru en 1963 dans la revue Critique, une année après la mort de Georges Bataille, Editions Lignes, 2012
  • Olivier Pascal-Moussellard, « Où est passée la transgression ? » – Télérama n° 3314, 2013
  • Ettorre Sottsass, Métaphores, Editions Skira/Seuil, 2002

Modalités

  • semaines 45, 51 et 8 : du lundi au vendredi, 9h30–13h00 et 14h00–18h00
  • semaine 18 : du lundi au mercredi, 9h30–13h00 et 14h00–18h00

Évaluation

Présence, investissement dans chaque phase (collectives et individuelles), pertinence des propositions plastiques et écrites (carnets de réflexions et de recherche).

 

 

 

2014-2015 / volet 1 : Transgressions et transferts

Enseignants

¬ Indiana Collet-Barquero, historienne du design,

¬ Fabrice Cotinat, artiste vidéaste,

¬ Olivier Sidet, designer,

¬ Jean Charles Prolongeau, céramiste.

 

Workshop ARC Transgression | mars 2015

Contenu

La proposition de l’ARC transgression consiste en un atelier de recherche qui associera des approches théoriques et pratiques, de manière interdépendantes et parallèles, de sorte à que ces deux champs se nourrissent l’un l’autre dés le départ et tout au long de son déroulement. Le format prévu de 4 à 6 semestres en 2014 – 2016.
Il s’agira de réfléchir à la transgression comme notion et comme moteur, d’identifier, circonscrire et élaborer des formes et des contenus dans le champ de la production en art et en design.
Des intervenants extérieurs viendront enrichir et illustrer la question de la transgression  dans les espaces de création contemporains.
Ces recherches s’appuieront sur les outils de l’école et des partenariats avec des entreprises du domaine de la céramique, dont certaines proposent des moyens de réalisation High-tech qui peuvent être investis pour expérimenter des créations singulières hors normes.
Les propositions feront l’objet d’une exposition en association avec à la Fondation Bernardaud, sans prédisposition de lieu et de date.
Approche théorique Mainte fois dans l’histoire, la transgression fut l’outil syntaxique des créateurs. Substrat idéologique, théorique et esthétique, elle a permis des prises de consciences statutaires et culturelles. En «dépassant les limites» induites par la norme – et dont le franchissement marque l’acte identitaire de la transgression – l’artiste et le designer créent de nouveaux espaces constructeurs de cultures où se renégocient les principes et les
valeurs.
Au delà de la simple idée contrevenante nous pouvons entrevoir un « espace de situation » où s’observe la conscience de l’individu face à l’ordre établi, la loi ou au choix du plus grand nombre (Antigone de Sophocle, Rhinocéros d’Eugène Ionesco…). Mais tout dépassement de limites n’est pas transgression, il semble donc qu’un préalable est nécessaire notamment en reposant la distinction de plus en plus trouble aujourd’hui entre transgression, subversion et provocation. Force est de constater que ces notions sont utilisées comme outils mercatiques et commercial dissociant formes et contenus, démultipliant artificiellement et jusqu’à l’absurde les lignes à franchir. Cette utilisation quasi pavlovienne de la transgression a un effet délétère sur son efficience.
La transgression est une notion délicate, un pharmakon, autant poison que remède qui oblige celui qui la manipule avec conscience à interroger sa finalité et son résultat. L’outil
est attrayant, sa manipulation n’est pas sans contrainte ni sans risque de retournement de sens.
Approche plastique, recherche dans les champs de l’objet et de l’image. Le premier terrain d’exploration proposé est l’espace domestique compris comme espace habité mettant en jeu de multiples relations entre personnes et objets au sens large art, design, architecture. Il s’agit de questionner sous l’angle de vue de la notion de transgression ce que l’on trouve dans cet espace, en fonction des catégories, des statuts, des usages, des détournements, des codes d’écriture (au fonctionnel, aux relations au décoratif, à l’ornemental, à l’apparat etc.).
– Une première approche, vise à aboutir à des propositions plastiques en volume qui  investissent l’espace de manière physique. Il s’agit de se pencher attentivement sur les relations entre individus, objets et espaces. Regarder, constater, et réinventer les objets,
les formes, les rôles, les jeux, dans ce paysage habité.
– Une seconde approche consiste à élaborer des propositions que l’on nommera documents filmés cinéplastiques qui permettent d’investir l’espace d’exposition filmique de manière physique. Il s’agit de travailler dans le champ de la création en image animée en  s’appuyant sur des contenus qui entremêlent réalité, fiction, archives, entretiens, situations, et d’interroger ces espaces sensibles.
Ces approches fonctionneront en dialogue constant, s’interrogeant l’une et l’autre sur ce projet commun. Elles se développeront en vis à vis avec une même volonté de fabriquer un espace de création à partir de médiums hétérogènes.

Objectifs

Fournir aux étudiants les outils critiques et d’analyses nécessaires à la reformulation d’hypothèses aussi bien dans les formes plastiques, les usages, les techniques, la pensée….
Délimiter transgression/subversion/provocation

Bibliographie

  • Georges Bataille, L’Erotisme, Chapitre 1 « l’interdit et la transgression », 1957, in Œuvres
    Complètes, tome X, Paris, Gallimard, NRF, 1987
  • Collectif dirigé par Cédric Passard, Loïc Nicolas et Michel Hastings, Paradoxes de la transgression, éditions CNRS, 2012
  • Vincent Estellon, « Éloge de la transgression », Champ psy 2/ 2005 (n° 38), p. 149-166
  • Élie Faure, De la cinéplastique, 19224
  • Michel Foucault, « Préface à la transgression », Paru en 1963 dans la revue Critique, une année après la mort de Georges Bataille, Editions Lignes, 2012
  • Olivier Pascal-Moussellard, « Où est passée la transgression ? » – Télérama n° 3314, 2013
  • Ettorre Sottsass, Métaphores, Editions Skira/Seuil, 2002

Modalités

semaine 46, du mercredi au vendredi de 9h30–13h00 et 14h00–18h00
semaines 51, 5 et 7, Du lundi au vendredi de 9h30–13h00 et 14h00–18h00

Évaluation

Présence, investissement dans chaque phase (collectives et individuelles), pertinence des propositions plastiques et écrites (carnets de réflexions et de recherche).

Étaient concernés

les années 3, 4 et 5 art et design / Master 2 CCIC

 

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