Photo de la conférence des enseignants de Central Saint Martins

Conférences 2018-2019

Les conférences de l’ENSA Limoges sont gratuites et ouvertes à tous les publics

| amphithéâtre Jean-Jacques Prolongeau |

 

Alain Quemin

¬ lundi 3 décembre à 18h

Photo de Alain Quemin, crédit photo Armelle Malvoisin

Art contemporain, notoriété et consécration : les enseignements des palmarès d’artistes.

Depuis que l’art contemporain a émergé comme catégorie au tout début des années 1970, les palmarès artistiques sont d’abord devenus omniprésents, puis ils ont pris de plus en plus d’importance au fil du temps. Si le Kunstkompass, classement des cent artistes visuels les plus importants dans le monde, s’est longtemps trouvé en situation de monopole, il s’est plus récemment trouvé concurrencé et largement distancé par le palmarès d’Artfacts avec l’avènement des « big data ». D’autres palmarès, d’œuvres ( ! ) ou des personnalités artistiques influentes au-delà des seuls artistes (galeristes, collectionneurs, commissaires…) ont également fait leur apparition.

Il s’agira, dans le cadre de cette présentation d’aborder les palmarès artistiques dans une perspective sociologique, pour comprendre ce qu’ils nous enseignent sur le monde de l’art contemporain et sur les artistes en particulier.

Alain Quemin est Professeur de sociologie de l’art, de la culture et des réputations à l’Institut d’études européennes – Université Paris 8

 

 

Federico Rossin : pour un autre 68

¬ PROJECTIONS ET DÉBAT : les 27 et 28 novembre 2018 de 18h à 20h à l’ENSA Limoges.

Sur une proposition de Federico Rossin, historien du cinéma et enseignant à l’ENSA Limoges.

Illustration pour annoncer l'événement "Pour un autre 68"

Nombreux sont les « 68 ». Pourquoi alors en évoquer un autre encore ? Cinquante ans après 68, nous avons peut-être trouvé le juste milieu entre le détachement historiographique et le témoignage des contemporains – que nous avons écouté à chaque décennale avec toujours plus d’irritation et de suspicion. La multiplicité des versions et des expériences vécues confirment une donnée qui sera décisive pour les chercheurs à venir : l’impossibilité de ramener la séquence que le nom « Mai 68 » résume et simplifie à un événement ponctuel ou monumental, mais aussi à une ligne temporelle et spatiale unique. En effet, le 68 qui nous intéresse ne coïncide pas avec la parenthèse bien-aimée et presque ludique du Mai parisien, ni avec son imaginaire tout européen – ou tout au plus états-unien. Tout comme les images et les sons qui ont raconté cet événement pluriel et polymorphe ne sont pas ceux que nous continuons à revoir sans cesse depuis cinquante ans, à chaque nouvelle célébration, et même exposés comme des icônes décontextualisées et reproduites à l’infini dans le monde de l’art contemporain comme dans le marché des sacs et des T-shirts vintage.

À la rupture des formes traditionnelles de lutte correspond une rupture des formes traditionnelles de cinéma. À un soulèvement social correspond toujours une révolution des formes artistiques : nous considérons 68 comme le moteur du cinéma (et de l’art) le plus radicale et le plus novateur. L’objectif n’est pas de se débarrasser de la mythologie 68, mais de la déconstruire pour la faire résonner ailleurs. Sortir de l’eurocentrisme, de la revendication idéologique et de la posture nostalgique, pour trouver dans les différences de perspective et l’hybridation des langages les clefs d’une lecture non-orthodoxe d’un phénomène complexe et irréductible. Ainsi, dans cette programmation, le cinéma expérimental se mêle aux ciné-tracts, les films d’artistes aux performances, les films-guérilla aux ciné-poèmes. En effet, le débordement des frontières – géographiques, politiques et identitaires – a été l’une des caractéristiques les plus durables du cinéma et de l’art de 68 : l’internationalisme des revendications communes a produit un art insatisfaite des stylèmes (les sujets) et des mots d’ordre (l’idéologie) du militantisme sclérosé, qui remplace l’horizon utopique et le long terme par des références et des contenus imposés par la hiérarchie, qu’il s’agisse du Parti ou du soi-disant « porte-parole » d’un mouvement de masse. Les étudiants des écoles d’art européennes, nord- et sud-américaines, indiennes et japonaises, sont redevables aux avant-gardes des années 1920 et réactivent une tradition que le stalinisme, les fascismes, les républiques libérales avaient essayé d’anéantir ou de récupérer. Le rapport difficile mais fécond entre les luttes sociales et l’innovation formelle se greffe alors sur le parcours libertaire qu’effectuent les artistes les plus avisés politiquement : le nouveau théâtre et ses rituels collectifs, l’art qui tente de fuir les galeries et le marché (land art, arte povera, fluxus, performance, etc). Ils produisent ainsi les matériaux qui forgent un nouvel imaginaire et de nouveaux outils d’analyse et de critique. La résistance contre les médias et la manipulation publicitaire et télévisuelle est un vecteur fondamental de création, qui oppose d’autres formes de vision aux images bridées de la société du spectacle, au service du pouvoir en place. Y opposer d’autres images signifie alors rendre praticables d’autres espaces de lutte, de partage et d’expérimentation : il ne s’agit pas juste de la contre-information, mais d’une manière de repenser le cinéma comme essai, comme tentative de démasquer la réalité pour se construire des outils qui puissent la renverser, grâce à la praxis.

Le cinéma et les pratiques des artistes qui sont nés de la constellation 68 dans le monde entier ont donc représenté un laboratoire de création d’une vigueur extraordinaire et dont la valeur demeure inchangée. Redécouvrir ce laboratoire, cela signifie contredire notre présent aveuglé par le marché, libérer un futur qui tarde à venir. « L’utopie devient sans cesse meilleure, tandis que nous l’attendons »1.

Federico Rossin

1 Expression attribuée au personnage de Leni Peickert dans le film d’Alexander Kluge Die Artisten in der Zirkuskuppel : ratlos (Les Artistes sous le chapiteau : perplexes) (1968).

 

Roxane Borujerdi

¬  jeudi 22 novembre 2018 à 18h30

Dans le mur, mosaïque en émaux de briare, vue d'exposition, la Vitrine du Frac Ile-de-France, 2017, crédit photo Martin Argyroglo

Du 4 au 5 octobre et du 20 au 23 novembre 2018, Roxane BORUJERDI est en résidence à la carte à l’ENSA Limoges, elle est assistée de Marie-Caroline Locquet, Charlotte Alves et de Rui Shu, étudiantes en 4ème année art. Encadrement pédagogique : Alain Doret, artiste et Mylène Brach-Jeulain, responsable de l’atelier Terre/modelage.

Roxane Borujerdi, en résidence à la carte à l’ENSA Limoges

La couleur occupe une place prépondérante dans ma production plastique. En général, c’est elle qui génère et qui articule la forme, sans exclusivité de media (dessins, peintures, sculptures, vidéos, performances). Mon intérêt s’est porté depuis peu vers la mosaïque, comme une technique marquant une combinaison particulière entre la couleur et la production de formes.

Mon projet vise à composer un répertoire de couleurs qui puisse devenir la matière première de mes mosaïques, à la croisée des mondes animaux, végétaux et minéraux.
Cette collaboration avec l’ENSA Limoges me permet d’intégrer ces deux directions de recherche, autour de la couleur, d’un côté, autour de la céramique de l’autre.

La résidence à la carte m’apporte les moyens techniques et logistiques indispensables à définir les techniques de céramique, engobes et émaux, les mieux appropriées à mener cette recherche sur la couleur, orientée vers la production de mosaïques.

Présentation de l’artiste

Le travail de Roxane Borujerdi, diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2006, se déploie sous différentes formes : dessins, photos, sculptures, vidéos et performances. La grande variété des médiums utilisés se conçoit comme le prolongement cohérent des idées, des formes, des couleurs ou encore des thématiques.
Il est aussi la conséquence de la manière dont l’artiste explore comment les formes élémentaires se distribuent dans des environnements différents. L’œuvre de l’artiste pourrait ainsi être comparée au développement d’un système végétal, dont la souche mère serait le dessin. Une même forme passe par une série de péripéties. Chacune de ses occurrences présente un aspect différent, la faisant apparaître tour à tour sobre ou étincelante, imposante ou fragile, énigmatique ou précise. Le calcul des équivalences formelles intègre ainsi l’intuition de l’artiste, sans jamais parvenir à la réduire. Cette interférence produit un mélange reconnaissable, où la retenue se mêle au caprice dans un équilibre toujours instable et changeant.

En savoir plus sur le travail de Roxane BORUJERDI

Galerie Emmanuel Hervé

 

Chen Yang

conférence et projections cinéma documentaire chinois

¬ Les 20, 21 et 22 novembre 2018 à l’ENSA Limoges et à Tulle avec Peuple et Culture.
Avec Chen YANG, diplômé – DNSEP Art avec les félicitations du jury, ENSA Limoges, 2009 – photographe et vidéaste, enseignant à Xi`an Academy of Fine Arts, Chine.

Conférence : Perdre, perdre, perdre…

→ Mardi 20 novembre 2018 à 18h, amphithéâtre Jean-Jacques Prolongeau – ENSA Limoges

Chen Yang fera part de son travail artistique lié à la situation sociale de la Chine et à ses transformations brutales notamment à travers deux de ses préoccupations : le temps et la disparition.

Il choisit la vidéo car soumise à l’écoulement du temps, elle rend compte de la durée et de l’irréversibilité. Pour éveiller les consciences sur le caractère inexorable du temps, il adopte le plan séquence et l’image fixe. La simplicité de la technique, les choix plastiques bruts et sans apparat favorisent une confrontation directe entre le spectateur et le propos de l’artiste.

Projections cinéma documentaire

→ le mercredi 21 novembre 2018 à 18h | amphithéâtre Jean-Jacques Prolongeau à l’ENSA Limoges

→ le jeudi 22 novembre 2018 à 20h  avec Peuple et Culture | salle Latreille |  Impasse Latreille | 19000 Tulle

Projection du dernier film de la cinéaste chinoise Zhang Mengqi : Zi Hua Xiang : 47 Gong Li Si Fen Ke Si.

Chen Yang est en contact direct avec les grands documentaristes chinois ; en ce moment se déroule à Paris le Festival Jean Rouch dans lequel la cinéaste chinoise Zhang Mengqi a été sélectionnée dans la compétition internationale. Elle a accepté de lui confier le film sous titré en français pour cette projection exceptionnelle.

Ce film fait partie d’un projet : le Folk Memory Project initié par le réalisateur Wu Wenguang (considéré comme le père du cinéma documentaire chinois) qui s’est donné pour objectif de produire des enregistrements visuels et textuels de l’expérience historique des populations rurales pendant la famine du « grand bon en avant ».
Le « grand bond en avant » est le nom donné à la politique économique lancée par Mao Zedong et mise en œuvre de 1958 à 1960. Une campagne qui a mobilisé par la propagande et la coercition l’ensemble de la population et qui avait pour intention de stimuler en un temps record la production par – entre autres – la collectivisation de l’agriculture.  Ce programme s’est révélé un fiasco et a eu pour conséquence une grande famine. Les estimations actuelles varient entre 30 et 55 millions de chinois morts de faim entre 1959 et 1963.

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Ci-après un extrait vidéo : Self Portrait: Sphinx in 47 km de Zhang Mengqi proposé par le Comité du film ethnographique

« C’est le septième film de ma série 47 km. Le plan d’ouverture montre un mur sur lequel est écrit un slogan politique, en partie effacé, qui est devenu un énoncé à compléter : « Seul le …isme peut sauver la Chine » . La femme qui habite cette maison répond à l’énigme en racontant l’histoire de son fils décédé. Dans le même village, Fang Hong, 14 ans, peint ses rêves sur le mur de sa maison. Les deux murs deviennent le paysage du village. Posent-ils une question ? Offrent-ils une réponse ? C’est comme l’énigme du Sphinx ».

Zhang Mengqi 

En savoir plus

 

Samuel Aden et Laurent Kropf

Photo de Samuel Aden - Hineinhören - Installation participative

¬ mardi 9 octobre 2018 à 18h30

Du lundi 8 au vendredi 12 octobre, l’ENSA Limoges accueille Samuel Aden et Laurent Kropf pour deux workshops transversaux avec les étudiants de 4ème et 5ème années art et design.
À l’occasion de ces 2 workshops intitulés respectivement Construire un silence et « sans titre 2 », 2018, dimensions variables, mixed média, Samuel Aden et Laurent Kropf nous présenteront leur travail et leur parcours.

En savoir plus sur le travail de Samuel Aden
En savoir plus sur le travail de Laurent Kropf

 

 

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