Gif animé de présentation de l'exposition L'arbre de DarwinGif animé de présentation de l'exposition L'arbre de Darwin

Expositions 2018-2019

Les luddites

L’atelier éditions-impression de l’ENSA Limoges vous invite à l’exposition Les Luddites. Celle-ci fait suite à un workshop mené avec l’artiste Xavier Antin, accompagné par le lithographe Patrick Sauvat au musée du Pays d’Ussel.

Du 6 au 13 décembre 2018 à l’ENSA Limoges | galerie 1 et 2.

→ vernissage le jeudi 6 décembre à 18h.

Avec les étudiants : Camille Allemand, Charlotte Alves, Jiao Meng, Luna Mouries, Lilas Rozé, Inès Silbermann, Yao Tan, Louis Zerathe.

Encadrement pédagogique : Yves Chaudouët, Nicolas Gautron et Clémentine L’heryenat.

/// Ce sera aussi l’occasion de rencontrer Charline Gicquel, artiste invitée pour la nouvelle session 2018-2019, un partenariat ENSA / musée du Pays d’Ussel.

 

 

L’arbre de Darwin,

La Céramique comme Expérience,

une exposition du laboratoire de recherche de l’ENSA Limoges du 28 juin au 3 novembre 2018, prolongée jusqu’au samedi 1er décembre.
au FRAC-ARTOTH
ÈQUE Limousin Nouvelle-Aquitaine

→ vernissage le mercredi 27 juin 2018 à 18h30

Avec les œuvres de :

Jonathan KEEP, Régis MAYOT, Andreas BRANDOLINI, François AZAMBOURG, David HANAUER, Fabien VERSCHAERE, Damien DEROUBAIX, Jasper MORISSON, Fred RIEFFEL, Sébastien GOUJU, Michel FRANÇOIS, Pierre ARDOUVIN, Patrick NEU, Art Orienté Objet, Jean-Luc VERNA, DECORUM, Christine SCHÖSSER, Alban MORIN, Boryana PETKOVA, Michal FARGO, Julie C FORTIER, Aurélia ZAHEDI, Réjean PEYTAVIN, Gaëtan KOHLER, Jessica LAJARD, Yisha CAI, Chloé ANDREUTTI, Elvire BLANC-BRIAND, Christophe KELSALL, Marion CHAMBINAUD, Inès LAVIALLE, Laure GIRAUDAUD, Maël DEVAUTOUR, Audrey FONTENOY, Camille REIDT, Romain JAMET, Lucia BOURQUE, Nadja MILIVINTI, Guy MEYNARD, Arnaud BORDE, Michel PAYSANT, Monika BRUGGER, Terhi TOLVANEN, Atelier POP Bijou, 3DCeram, Cerinnov, Imerys, et MICROLIGHT.

Commissariat : Michel Paysant, plasticien, en charge de la structuration de la recherche et responsable du Laboratoire de recherche CCE, La céramique comme expérience, à l’ENSA Limoges.

Cette exposition est réalisée dans le cadre d’un partenariat FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine / ENSA Limoges.

Photographies : Frédérique AVRIL

 

→ Ci-après, un reportage de FRANCE3 NOUVELLE-AQUITAINE :

 

 → Ci-après, un REPORTAGE DE 7ALIMOGES :

 

 /// TÉLÉCHARGER LE DOSSIER DE PRESSE ///

Infos pratiques :

FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine
Site Coopérateurs – espace d’exposition
Impasse des Charentes, 87100 Limoges

Ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h / Ouverture exceptionnelle le dimanche 16 septembre de 14h à 18h dans le cadre des 35èmes Journées Européennes du Patrimoine.
Visites commentées sur rendez-vous au 05 55 45 18 20

Précisions :

En octobre 2015, l’École Nationale Supérieure d’Art de Limoges a ouvert un laboratoire de recherche, « La Céramique comme Expérience », dont l’ambition est double :

  • favoriser une création contemporaine transversale à l’art et au design,
  • envisager, autour d’axes prospectifs, des champs d’expérimentations et de réflexions qui associent recherches plastiques, théoriques et scientifiques.

Conduit par l’artiste-chercheur Michel Paysant, ce laboratoire a développé un programme orienté vers la matérialité numérique, les méthodes traditionnelles vis-à-vis des nouveaux outils dits de « haute technologie » (impressions 3D et prototypage numérique) et leur appropriation hybride, et vers les objets bimatériaux (verre et céramique) en partenariat avec le Centre International d’Art Verrier (CIAV) de Meisenthal.

En créant des passerelles entre art, technique et science (1), artisanat, design et industrie, le laboratoire de recherche de l’ENSA a ouvert une large réflexion sur la tradition et les productions numériques, la fabrication artisanale et les nouvelles technologies.

Attentif à la création actuelle dans son acception la plus expérimentale et selon des approches nouvelles, en tout cas renouvelées, le FRAC Artothèque Limousin Nouvelle Aquitaine souhaite contribuer à rendre visibles les enjeux développés au sein de ce laboratoire. L’exposition aux Coopérateurs restitue une partie des pistes explorées et des résultats obtenus dans une présentation particulièrement originale, travaillée collectivement sous la houlette du scénographe Pascal PAYEUR.

Intitulée « L’arbre de Darwin », d’après une métaphore utilisée par Jonathan Keep dans ses propres recherches (2), cette exposition est pensée comme une cartographie d’œuvres, d’objets et de figures d’origines diverses. Elle s’organise selon une progression qui va de la technique à l’imaginaire, de l’outil à la fiction, en proposant des rapprochements, des filiations, des analogies entre des expériences et des pratiques d’artistes, de designers et d’ingénieurs. Faite de passages et de confrontations, « L’arbre de Darwin » affiche une fluidité de circulation des formes et des idées selon différents branchements thématiques :

  • le moule, la matrice, l’empreinte
  • l’influence des processus
  • le geste manuel / le geste robotisé
  • la réplique du réel et le scanning
  • le principe collaboratif
  • le décor, le motif
  • le corps, la ligne
  • le codage du vivant
  • le langage, le corps, l’écriture
  • la musique, le son, le sample
  • le rituel, la théâtralité
  • la fiction …

A partir de correspondances et d’allers-retours entre des pièces produites manuellement ou mécaniquement, en verre et/ou en céramique, des dialogues s’établissent entre plasticiens spécialistes ou non spécialistes. On y trouve aussi bien des œuvres d’artistes et de designers confirmés, tel Jonathan Keep qui a ouvert la voie à bon nombre de céramistes en matière de code et de création numérique, ou encore Michel Paysant, coordinateur du Laboratoire de Recherche, Pierre Ardouvin, Art Orienté Objet, Damien Deroubaix, François Azambourg, Fabien Verschaere, Michel François, Patrick Neu, Jean-Luc Verna … que d’autres produites au Centre International d’Art Verrier, des œuvres d’étudiants, de résidents, d’artistes en post-diplôme et d’enseignants du Laboratoire de Recherche « La Céramique Comme Expérience », une contribution de l’atelier POP bijou de l’ENSA et des pièces industrielles produites avec les entreprises Cerinnov, 3DCeram, Imerys et Microlight.

Notes :
(1) A travers, notamment, trois théories de penseurs des arts et des sciences : celle de l’ethnologue, archéologue et historien André Leroi Gourhan (la chaîne opératoire, le processus, le séquençage des faits techniques, des tendances et des milieux), celle de l’historien et iconologue Aby Warburg (la permanence des œuvres, la survivance, l’esthétique énergétique) et celle des sociologues et philosophes des sciences Susan Leigh Star et James R. Griesemer (l’objet «  frontière » traversé par plusieurs pensées de genre différent).
(2) « Dans cette série, j’explorais les manières dont les humains ont essayé de contrôler et de contenir la croissance. J’aime la manière dont Darwin utilise la métaphore des branches de l’arbre dans son Origine des Espèces, qui est aussi le fondement de la structure de codage de l’ordinateur… » Jonathan Keep, à propos de Tree Series, site internet de l’auteur.

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Camille REIDT et INPLANTA

Visuel de l'article de InPlanta

Fraichement diplômée de l’ENSA de Limoges (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique d’Art : option Design), InPlanta a eu l’opportunité de collaborer avec Camille Reidt, jeune designer-plasticienne pour l’un de ses projets artistiques, présenté dans le cadre de l’exposition L’ARBRE DE DARWIN.

 
 
 

Journées Européennes du Patrimoine 2018

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, le FRAC-Artothèque du Limousin Nouvelle Aquitaine ouvre ses portes avec au programme :

Samedi 15 septembre 2018

15 h : rencontre avec Arnaud Borde, exposant et responsable de l’atelier du laboratoire de recherche “La Céramique Comme Expérience” à l’ENSA Limoges.
16h30 : visite commentée de l’exposition par un médiateur du FRAC-Artothèque.

Dimanche 16 septembre 2018

15h : rencontre avec Fanny Cavan, artiste, diplômée 2018 à l’ENSA Limoges, qui vous parlera de POP atelier bijou et vous proposera un parcours dans l’exposition.
16h30 : visite commentée de l’exposition par un médiateur du FRAC-Artothèque.

Arnaud Borde, Sous les jupes des filles, 2018, pièce réversible. Impression 3D grès. Biomécanique des fleurs, 2018, impression 3D porcelaine. POP atelier bijou : Fanny Cavan, Audrey Fontenoy, Nadja Milivinti, Violène Dodeux, Elvire Blanc Briand, Camila Rigaud,2016-2018. Impression 3D, zircone, matériaux divers. Prototypes de bijoux pour Edition céramique réalisés avec le support de 3D Ceram.

Arnaud Borde : en charge de l’atelier du laboratoire CCE (Céramique Comme Expérience) à l’ENSA Limoges, accompagne  les étudiants et les artistes résidents dans le développement de leurs projets en collaboration avec les enseignants chercheurs et les artistes invités dans le cadre de workshops. Il supervise les réalisations et fabrications en 3D (contrôle des modélisations 3D et formation des étudiants à l’utilisation des imprimantes 3D plastique et céramique).

Fanny Cavan : Artiste designer, diplômée 2018 à l’ENSA Limoges, DNSEP (Diplôme national supérieur d’expression plastique) option Art mention Design d’Objets. Elle a participé à POP atelier bijou à l’ENSA Limoges, et une de ses pièces est présentée dans l’exposition.
Elle mène un travail de recherche autour d’objets participatifs, qui permettent à chacun d’exprimer sa propre créativité (mobilier, bijou, jeu, objet du quotidien, …). Souvent modulables, ils offrent plusieurs utilisations possibles, s’adaptent à l’espace et aux besoins de chacun.

 

 

 

DÉCOLONISER LES CORPS

LANCEMENT DE LA 2E BIENNALE ART NoMAD 2018 « DÉCOLONISER LES CORPS »

→  JEUDI 4 OCTOBRE 2018

Un événement réalisé dans le cadre d’un partenariat entre la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Limoges, l’ENSA Limoges et art nOmad.

Photos : Josiane Pradoux

 Une journée entièrement gratuite et ouverte au tout public

→ De 11h à 16h sur le campus de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines :
Exposition dans le Véhicule art nOmad (avec une scénographie réalisée par les étudiants de l’ENSA Limoges) + ateliers du·de la parfait·e petit·e activiste avec création de son propre slogan sur papier et textile (tee-shirt, drapeau et autres…)
 
→ De 18h à 19h à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (Amphi Pouthier) :
Conférence de Pascal Lièvre (commissaire invité) et de Clorinde Coranotto (conceptrice de la biennale)
 
→ De 19h45 à 20h05 dans la galerie des études de l’ENSA Limoges :
Exposition dans le Véhicule art nOmad + cours d’aérobic performatif de Pascal Lièvre accompagné de Delphine Arras
 
→ À partir de 20h15 à la cafétéria de l’ENSA Limoges :
Vernissage de l’exposition et rencontre avec les équipes

/// TÉLÉCHARGER LE COMMUNIQUÉ DE PRESSE ///

La scénographie de l’exposition à bord du véhicule art nOmad a été pensée et réalisée par les étudiants : Kawthar Hoummada, Antoine Lainé, Cécile Maes, Madeleine Saraïs, encadrés par Arnaud Borde dans le cadre d’un Atelier de recherche et de création avec la collaboration de François Coadou et de Jonathan Bass (enseignants à l’ENSA Limoges).

Correspondance

Julien, Élise, Béatrice, Antoine et Madeleine, étudiants à l’ENSA Limoges, se retrouvent embarqué.e.s dans la deuxième biennale art nOmad.
Chaque jour durant ce périple vous recevrez un petit récit de nos journées accompagné d’images. 
Nous espérons que vous lirez nos aventures et nous serons heureux.ses si cela crée des correspondances, à votre bon plaisir ! 

Pour plus d’images et d’informations sur les étapes et les artistes et œuvres de la biennale  : http://artnomadaufildesjours.blogspot.com et sur https://www.facebook.com/biennaleartnomad/
 

JOUR 1 : D’un parking à l’autre

Arnac-la-poste -> Bourges 

On se lève au petit matin et on oublie qu’il y a une vie avant 9h, le bus est bondé, ça pue la transpi et on est chargé.e.s. Il fait encore nuit, mais pas froid. Il est trop tard pour mettre un short dans le sac-à-dos.
On chope les derniers trucs à l’école et ZOU! dans le trafic ENSA LIMOGES avec Arnaud au volant. Tartines de beurre salé et lait au chocolat dans les petites tasses émaillés sur la route, c’est déjà l’aventure.
Clorinde nous dit qu’on doit chercher des textes porno durant le trajet si on veut participer à l’atelier mené l’après-midi au transpalette, mais nous on a dormi et lu nos mémoires.
À Bourges, on débarque à l’ANTRE-PEAUX. On retrouve le reste de l’équipe. 
Ici pas de Bourgeois mais des Berruyers, nous disent les étudiant.e.s de l’ENSA d’ici. Une rue balise sur un transformateur électrique nous indique pourtant VILLE DE BOURGES. 
On mange un burger le midi et puis on déballe et installe les oeuvres avec nos jolis gants verts d’eau.
À 18h, Edi Dubien, artiste dont les oeuvres font parties du commissariat, fait une conférence sur son travail. Elle s’intitule Transition en campagne et c’était super. C’était sa première prise de parole publique et il nous a parlé, sans chichis et avec honnêteté, de sa transition, de son rapport à la nature, de son enfance, de ses dessins sensibles et de ses peintures. 
La restitution de l’atelier, fait dans l’après-midi sur l’écriture pornographique, nous a plongé dans des orgies, des scènes intimes, les voix résonnent dans la salle du transpalette immaculée, comme une messe qui prônerait le sexe libérateur et décomplexé. 
Ensuite, quelques petits verres de vin rouge, un repas et bonne nuit. 

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Arnac-la-Poste à BourgesPhoto : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Arnac-la-Poste à Bourges

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Arnac-la-Poste à Bourges

 
 
 
 
 
 
 
 
 

JOUR 2 : Tropicoco à Cocowok

Bourges -> Fort d’Aubervilliers

Ce matin on va au marché. Pas de marché de légumes, pas de marché de l’art pour nous. On remet nos petits gants de plastique et on déploie l’exposition sous les yeux ébahis des marchand.e.s qui s’installent. On prend quand même un petit café à côté d’un groupe de mecs qui finissent leur soirée avec une bouteille de vin blanc et du saucisson. Leurs chants, en canon ou à l’unisson traitent également de masculinité et de saucisses. Ils hurlent à tue-tête : « On est seul mais on s’encule. On a tous un p’tit pédé en nous. » 
Simultanément, une vieille dame et un jeune garçon entament les ateliers. Noah, pour changer, ne s’emmerdera pas à tenir le stand de la boulangerie avec ses parents, aujourd’hui il enchaîne un inventaire de maisons imaginaires sur tous les supports qu’il trouve. Il était triste quand on est partis mais pas nous, car ses parents nous ont donné une quinzaine de baguettes croustillantes. 
13h45 on décolle vers la région parisienne. On débarque à Aubervilliers. Là-bas les cités sont pleines à craquer de drogues, un enfant mule de dix ans fait tomber de son pull un gros pochon. Non, c’est pas vrai, on n’a pas vu ça. 
On redéploie l’exposition, toujours avec nos gants. On a pris le coup de main en y mettant de l’huile de coude. Antoine filme. Madeleine prépare un document radiophonique, Béatrice prolonge en solitaire les textes de l’atelier d’écriture de la veille, Julien joue du genre avec son nouveau tee-shirt rose jambon et Elise se marre des frasques des copains. 
Nous sommes en plein milieu d’une friche, un groupe d’hommes et de femmes muni.e.s de bâtons s’agitent sur des percussions. Deux grands marionnettes déambulent à côté de nos petits corps. 
La nuit tombe, tout comme Julien ce matin qui s’est pris les pieds dans un parasol dans le stand de la dame au tee-shirt rose jambon. On range. Papier à bulle et cartons virevoltent sous les étoiles et nous prenons le chemin vers le buffet chinois, où nous faisons nos reserves pour l’hiver. 
Bonne nuit à toutes et tous, nous on est crevé.e.s. 

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Bourges à Fort d'Aubervilliers

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Bourges à Fort d'Aubervilliers

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Bourges à Fort d'Aubervilliers

 
 
 
 
 
 
 
 
 

JOUR 3 : Zone de teuf zone de keuf

Aubervilliers -> Calais

De Paris ville monde à Calais monde vil. 
Nous revoilà sur la route mais pas encore sur les rotules. Un lieu dit Le Channel, scène nationale, précise « entrez libre ». Nous nous y engouffrons avec hâte et curiosité. On touche du bois, on grimpe le belvédère et au loin, de tout en haut, on peut voir l’Angleterre, promise des exilé.e.s. Du haut de cette belle vue on pense à un certain idéal lettriste, celui du temps où des Lunaparks fleuriront dans les villes, sorte de cité où la communauté se retrouve autour de greffes architecturales et de jeux de lumières. Les portes d’entrée d’un des hangars est travesti en La création du monde, une peinture de J.Bosch, celle des panneaux couvrant le Jardin des délices. 
On visite Calais mais c’est pas le zoo même s’il y a des grilles partout. D’hypocrites murs végétalisés ont été érigés par des anglais. Les plantes ornent mais le béton ferme. Il faudrait profiter de balades naturalistes, chaque promeneur serait muni d’un sécateur et se tromperait en coupant les grillages et les barbelés. Ces routes sont violentes a traverser. On est avec François, président de l’association L’auberge des migrants et on découvre l’organisation de l’immense entrepôt dans lequel les bénévoles s’activent à trier les dons, finir de faire la cuisine.. Le chef cuisto nous dit que 3000 oeufs ont été cuits pour le lendemain et nous annonce : « Puisque vous êtes des artistes, nous avons besoin de peintures d’oignons sur des panneaux de bois. » . Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’on ne fait que de la céramique. Nous le redirigeons vers une entreprise spécialisée. On nous dit que la Jungle a été un espace de liberté dans lequel des artistes et des architectes ont pu imaginer des lieux de cultes, des bibliothèques et autres lieux de vie… 
On se dit qu’on doit traverser la rue et faire des choses avec et pour les migrant.e.s qui sont dans le bâtiment juste en face de l’école. 
Au Channel, on retrouve Frédérique Joly, les cinquièmes année négocient déjà des postes d’assistant.e pyrotechnicien.ne pour l’année prochaine. 
Le vent se lève. Nous rangeons les oeuvres du camion, replions les affiches, séchons les pinceaux, tandis qu’une exposition de dessin faits par les exilé.e.s traverse le ciel et se fait accueillir de l’autre côté de l’océan. Pas de papiers, mais des cartes postales comme fusées de détresse.   
Ce soir c’est moule frite, tout le monde s’appelle crème brûlée, on s’fait passer le mot comme quoi «  chantale est une racaille qui gère les bails. », on trinque aux frontières, à leur fins comme à celle du verre. Pas un chat dans la ville, entre chaque coup de fourchette, les cowboys passent au ralenti, comme un paysan chercherait ses vaches.  

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Aubervilliers à Calais

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Aubervilliers à Calais

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Aubervilliers à Calais

 
 
 
 
 
 
 
 
 

JOUR 4 : Des frites, des frites, des frites

Calais -> Bruxelles 

On quitte la France pour la Belgique. La frontière passée, gros ralentissement sur l’autoroute. Manque de bol, on se retrouve coincé.e.s pendant près d’une heure derrière un camion remplis de poules. Ça pue, ça chlingue, la fiente qui fermente. Les corps sont disposés dans des cagettes en plastiques, conditionnées comme de la matière déjà transformée. Contraintes de restées couchées au vu de l’épaisseur du dispositif, des plumes manquent et leur bec est poli par les tentatives de s’en extraire. Une d’entre elles me regarde, un seul oeil sur deux cligne, la voisine du dessus lui fait dessus. Aucune ne caquette, ce comportement rappel celui des « musulmans », attribut que l’on donnait à ceux qui, déportés dans les camps, n’exprimaient plus aucunes réactions, se recroquevillaient sur eux-même et laissaient venir la mort. On finit par changer de file, on voit alors un gros glaire visqueux jaillir du camion. Dans un dernier espoir, une des poules nous a peut-être lancé un cri, un S.O.S pour venir décoloniser leur corps. A notre droite, une entreprise, FUNECO indique sur un grand écran led : 21°. Nous sommes entouré.e.s de camions glaciers. On se demande comment serait la rencontre entre une poule sauvage et une poule industrielle. On se demande quel type d’hormones donne-t-on aux poules. On se demande s’il n’y aurait pas qu’un seul coq derrière tout ça. On roule les portes ouvertes, bien qu’à l’arrêt, Antoine déploie son corps en dehors du camion. On pense à ceux qui croient que le camion de la biennale servait de boucherie. On comprend mieux alors en quoi nos formes d’expressions sont à la fois un luxe et une nécessité. On imagine qu’il nous serait possible de mettre de côté ce luxe que de produire des corps seulement destinés à notre plaisir. On s’imagine plutôt laisser un peu de répit à ces poules, répondre à notre faim de les représenter, de les dépeindre encore plumées. 
Bruxelles avec l’impression d’un début d’été tant il fait beau et chaud: des bières, des frites, un bel accent. Demain Berlin, huit heures de routes, alors on ne s’éternisera pas ce soir. Vous nous poserez des questions lundi prochain et puis c’est tout. À tantôt. 

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Calais à Bruxelles

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Calais à Bruxelles

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Calais à BruxellesPhoto : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Calais à Bruxelles

 

 

 

 

 

 

JOUR 5 : 

Bruxelles -> Berlin

Des pipi sur les aires d’autoroutes, des cacas à 70 centimes pour la dame pipi. On écrase nos clopes sur des autocollants de fan de foot. On en décolle puis on les recolle et puis on redécolle. On découvre le travail des un.e.s des autres, on partage nos lectures et l’odeur des pets ou des pieds. Antoine nous parle de Serge Daney et de cinéma, Julien fait son cinéma comme un damné. Il discute porno et syndicalisme. Pascal évoque Foucault et des pratiques BDSM. Madeleine allume la petite guirlande telle une magicienne, elle invoque Beuys et Starhawk. Elise envoie des pavés au diable. On se conseille et se partage références et bouteilles d’eau. On fait école dans le bus. On se tourne pour se parler comme dans l’amphi, mais pas de Professeur.e sur l’estrade. Bus magique. 
En huit heures de bus, on a dormi, fait le montage d’un documentaire sonore, refait le monde, décolonisé les corps et digéré. On s’étonne du nombre de camion sur lesquels est écrit le mot TRANS. 
On fait semblant de ne pas montrer à Béa qu’on a toutes et tous très bien compris les relations mafieuses qu’elle entretient avec l’Europe de l’est. D’ailleurs, ce soir c’est à l’arrière boutique d’un sex-shop hongrois miteux qu’elle nous propose de boire des bières. Nous refusons et rejoignons le club de troisième âge du quartier qui a organisé un oktoberfest dans un restaurant aux allures hollywoodienne. Julien chope une mamie pompette aux allures bavaroises. Alors que son allemand lui revient, l’octogénaire se rappelle qu’elle a déjà un mari, plus vieux mais plus fortuné. Elle lui donne tout de même son adresse.

En bonus, à écouter dès que vous avez un coup de mou, nos émissions :

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Bruxelles à Berlin

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Bruxelles à Berlin

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Bruxelles à Berlin

 

 

 

 
 
 

JOUR 6 : Des quais du bahn à la conférence de Kay

Berlin -> Berlin

On se reveille. CLORINDE* nous dit dans la salle du petit déjeuner « Ce midi, on ne mangera pas, c’est vos doigts ou vous détournez les fonds de l’hôtel réservés au mercantile repas, pour le midi ». Ni une ni deux, nous courons chercher nos sac à dos pour les remplir de petits pains moelleux et de bananes.
Elise devient leadeuse directionnelle, dealeuse de bonne aventure et nous guide vers un quartier haut en couleur. Un immeuble se distingue des autres: il est recouvert d’un crépis qui le rapproche plus d’une pâtisserie allemande que d’un squat anarcho-TPG** et pourtant quand l’une des habitante nous ouvre les portes pour que nous chopions des affiches et des flyers à disperser en France, il y a un babyfoot. Ce lieu de vie est menacé d’expulsion car comme toutes les bonnes choses et les pâtisseries, on finit toujours par se faire bouffer sauf si on est d’acier et qu’ça pète les dents des tordus. 
Non loin de là, une friperie sur cinquante-trois étages porte en son sein nos futures coiffes. Julien et Madeleine arborent dans le métro les reflets brillants de fils de nylon inflammables roses et mauves. 
Dans le métro bahn, il semblerait que tout le monde soit déguisé en designer graphique germano-pantone 160g. 
Quand nous retrouvons le camion, les OH et les AH ne se font pas attendre. Les perruques tournent sur les crânes de toute la meute, qui jalouse en secret ce butin fantastique mais ignore tout à fait le plan-coiffe qu’Antoine nous a filé pour se faire teindre le pubis. 
Aux alentours, les boutiques regorgent de bonbons végétariens licornes dark limited edition et de boules à neige avec des têtes de mort à seulement 1 euro pièce; une aubaine pour les gothiques. 

Antoine imprime des bouts de ciel sur ses bandes.
Madeleine est dans le coup, avec son jogg’ a trois bandes. 
Julien lit du Burrough à toute la bande. 
Elise brise la nuque et explose les couilles d’un frotteur qui bande.
Béatrice s’est retiré dans son QG où elle règle une affaire de contre-bande. 

Le soir venu, conférence de Kay. On parle trans, sexe, porno, art, performance, STRASS***. Ça fait du bien, et on se promet de diffuser la conf à l’école. 

On en peux plus de manger, un concombre sans vinaigrette et de l’eau SVP. 

* Coriandre Libertaire Originale de Recherches Intra-Nationale Des Exportations
** Trans PD **** Gouine 
*** Syndicat du Travail Sexuel
**** Petite Boule Sucré 

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Berlin à Berlin

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Berlin à Berlin

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Berlin à Berlin

 

 

 

 

 

JOUR 7 : Ohne Titel

Berlin -> la Louvière

Nous nous sentons vide. Nous ne nous sentons plus missionné.e.s et pourtant ça discute par-ci par-là des poursuites qu’on pourrait donner à la biennale : continuer à s’écrire, s’échanger des films, se mettre à nu.e à l’Existrans, rendre visite à l’un.e, présenter son travail en nuiset.te, monter une choral.e de chansons paillard.e.s détourné…es…
Antoine est toujours coincé dans les années quatre-vingt, il y a de la saucisse jusqu’en belgique, nous goûtons le monde à chaque station dont seul le language change, on lui espère un bon retour vers le futur. 
On récupère dans nos poches, excroissances, perruques et culottes, de quoi nourrir la famille en rentrant. Les hôtels regorgent de délices aux formats individuels (au sésame), on tâche de rendre commun ce partage des sucres (lents) là.
Cette nuit la meute a erré sur des immenses places vides à la recherche de la carcasse du Couscous. 
On n’a pas touché aux oeuvres, on imagine leurs petits souffles satisfaits de ne pas avoir étaient manipulé.e.s par des gants médicaux. On hésite quand même à chaque fois, à tout déballer sur les aires d’autoroutes pour en faire profiter les routier.e.s qui transportent d’autres types de marchandises dans leur TRANSport. 
Nos valises se gorgent de choucroûte et de bières pour le retour, elles sont aussi grosses que nos cernes.
Si on n’écrivez pas ces mails, on serait déjà au lit. 

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Berlin à la Louvière

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Berlin à la Louvière

Photo : 2è biennale art nOmad, Décoloniser les corps - de Berlin à la Louvière

 

 

 

 

 

 

 

 

JOUR 7 : Sur la fin
La Louvière -> Limoges

Grand retour, dernier petit déjeuner à l’hôteL. Malgré nos yeux bouffis, pouffant de rire comme si nous étions le plus grands bandits du siècle, on remplit une dernière fois nos sweat-shirts et manteaux de mini nutella. Notre butin est énorme, on est fièr.es comme des paons. Dans le camion, ça sent le zoo. 

On se quitte au compte goutte, à Paris et sur les aires d’autoroutes. On se remercie les un.es les autres d’avoir partager ce temps là, d’avoir pu discuter, produit, chanté des hymnes paillards unificateurs.
Nous, étudiant.es, on va digérer doucement cette semaine folle, mais on sait déjà qu’on a eu une chance incroyable de pouvoir participer à cette aventure formatrice, riches en rencontres, en émotions et en saucisses. On revient avec déjà, des milliards d’idées en tête et l’envie énorme de s’activer.
Merci Clorinde, de nous avoir fait confiance, c’était TOPISSIME! Merci toute la meute. On garde précieusement une petite paire de gants bleu canard dans notre coeur pour toujours délier les langues et décoloniser les corps.  

Ce soir à Limoges, c’est la Frairie des petits ventres, encore des saucisses. Décidément, on ne pensait pas que c’était l’aliment universel des artistes contemporain.es. On entend déjà résonner dans les rues la voix d’Antoine : «  Maréchal, maréchal, pour la paix de mon âme… ».

Pas de photos, mais notre dernière émission, que de bonnes ondes. 

Bon week-end à toutes et tous.

Pas de photos, mais notre dernière émission, que de bonnes ondes >>> Enquête de terrain.mp3

Bon week-end à toutes et tous.

 

La 2e Biennale art nOmad 2018 est parrainée par le ministère de la Culture et reçoit le soutien de l’État (ministère de la Culture – DRAC de la Nouvelle-Aquitaine) ; de l’Institut français ; de la Région Nouvelle-Aquitaine et du Conseil départemental de la Haute-Vienne.

Logo de art nOmad

Centre d’art d’intervention et de recherche en entremétologie
Mairie – 2, place Champ-de-Foire – 87160 Arnac-la-Poste
+33 (0)5 55 76 27 34 // +33 (0)6 32 82 36 26

http://artnomadaufildesjours.blogspot.com
http://biennaleartnomad2.wordpress.com

 

POPBIJOU

À travers des pièces créées tout au long de l’année par quelques étudiants fraîchement diplômés d’un DNA option art ou option design, nous voulions réunir nos travaux afin de vous donner un aperçu  de ce qui se trame au POPatelier bijou.

→ Présentation le mardi 2 octobre 2018 à 17h à l’ENSA Limoges

Photo : Cécile Flory, présentation travaux Pop Atelier Bijou

Photo : Cécile Flory, présentation travaux Pop Atelier Bijou

Photo : façade de l'atelier POP Bijou

Sensibles, drôles et complexes, à POPatelier bijou  cohabitent des étudiants de toutes pratiques confondues qui échangent et construisent leur identité à travers des projets divers traitant de l’objet, du  dessin, de  l’espace et bien d’autres… et qui se réunissent autour d’une pratique commune : le bijou contemporain.

Du choix des pièces à la scénographie en passant par les textes et toute l’organisation que cela comprend, nous avons pris en main cette présentation, projet pédagogique, visant à nous donner une totale autonomie.

Nous voulons montrer la production de l’année 2018 afin de créer des dialogues autours de bijoux singuliers, innovateurs, parfois drôles mais toujours exigeants et partager nos envies et nos réussites avec un public d’amis et de nouveaux  arrivants… tous ceux qui pourraient se demander ce qui se passe dans la boite multicolore. 

Cette exposition/présentation est issue d’une collaboration de :

• Cécile FLORY, DNA option Art, 2018 • Marie-Caroline LOCQUET, DNA option Art, 2018 • Xiao CHEN, DNA option Art, 2018 • Charlotte GRÉBERT, DNA option Design, 2018 • Manon PAPIN, DNA option Design, 2018 • Jean SAVARD, DNA option Design, 2018

Le POPatelier Bijou est sous la responsabilité de Monika Brugger, orfèvre plasticienne et de Terhi Tolvanen orfèvre, enseignantes bijou à l’ENSA Limoges.

 

ENSA LIMOGES | Campus de Vanteaux | 19, avenue Martin Luther King | B.P. 73824 | 87038 LIMOGES CEDEX 01 | 05 55 43 14 00